Le retable est un ornement qui se place à l'arrière de l'autel. Il peut être en métal, ivoire, bois, pierre, marbre ou émail, orné de représentations historiées ou figurées, peintes ou sculptées. Il participe à la liturgie et au décor des églises dans le contexte de la Réforme catholique.Les retables du XVII° et XVIII° siècles sont monumentaux. Ils sont conçus comme des répliques des façades d'églises, ce qui explique leur structure et la profusion d'éléments architecturaux : colonnes, niches, architraves, corniches, frises.
Depuis le XIV° siècle, le bois est très utilisé pour la réalisation des retables. Au début du XVII° siècle, la sculpture prend de plus en plus d'importance dans la création du retable principal d'une église. La peinture du tableau central est souvent remplacée par une sculpture ou un groupe sculpté. En général il s'agit de la Vierge notamment de la Vierge à l'enfant. Les retables de bois (noyer, chêne) sont dorés à l'or fin. Au milieu du XVII° siècle cet état change et le bois est laissé au naturel.
Au XVIII° siècle, les retables principaux sont plutôt exécutés en marbre, pierre et plâtre. Les peintures religieuses retrouvent leur place dans le tableau central mais il subsiste encore des retables de bois. Ils sont alors placés dans les chapelles latérales.
Les sculptures de petites tailles ont pris leur essor au XVIII° siècle notamment avec la création en 1740 de la Manufacture de porcelaine à Vincennes. Cette dernière est transférée à Sèvres en 1756. Le matériau utilisé est la porcelaine tendre ou biscuit. Les sujets sont créés par le peintre favori de Louis XV, François Boucher et l'orfèvre Giovanni Claudio Ciambello, elles sont ensuite traduites en sculptures par Etienne Maurice Falconet entre 1757 et 1766. Les thèmes abordées sont des scènes pastorales et amoureuses, des jeux d'enfants, le carnaval ainsi que des représentations de nymphes au bain, des satires ivres et des chinoiseries. Dans la lignée de Sèvres, d'autres manufactures de porcelaine tendre, situées à Luneville, Saint Clément, réalisent des copies des oeuvres parisiennes ou en créent en s'inspirant des modèles de Falconet.
Pendant la Révolution, les manufactures ont produits des sculptures illustrant le patriotisme français. A partir de 1800, le style néo-classique est de mode, les biscuits alors s'inspirent des oeuvres antiques les plus célèbres. Le goût pour la sculpture en miniature ne passe pas de mode sous la Restauration. Les oeuvres ayant été primées au Salon des beaux-arts font souvent l'objet de commandes privées. Les commanditaires souhaitent une reproduction en réduction des originaux. Si le biscuit a été utilisé au XVIII° siècle, au XIX° siècle, c'est le marbre et surtout le bronze qui sont employés dans la miniaturisation sculpturale. Les sujets sont divers. Sous le Second Empire, les artistes s'inspirent de l'Antiquité et de la Renaissance italienne. Le courant orientaliste se développe aussi.
Au XIX° siècle comme au début du XX° siècle, les familles aisées ou les personnalités de l'époque avaient l'habitude de se faire enterrer dans des tombeaux de belles factures. La plupart sont des petites chapelles néo-gothiques mais quelques stèles comportent des sculptures.
Cesoeuvres sont diverses et variées. Les plus représentatives sont celles liées à la religion catholique, elles prennent la forme d'anges (surtout pour les enfants morts), de Vierge à l'enfant. D'autres ont l'aspect d'allégorie de la Gloire après la mort voire de la Mort elle-même. Cette dernière peut avoir la forme d'une femme voilée, d'un squelette ou alors une représentation végétale comme un arbre qui se meurt ou qui renaît symbolisant la fin d'une vie et le recommencement d'une autre dans d'autres cieux. Enfin, les dernières sculptures représentent le portrait du défunt sous la forme d'un médaillon ou d'un buste. Parfois une allégorie de la Gloire est placée juste à côté et tient au dessus de la tête sculptée une couronne de laurier ou les palmes de la victoire.
Chaque ville de France possède un cimetière historique où les tombes sont des chef d'oeuvres. Les plus connues se trouvent au Père Lachaise à Paris mais Bordeaux, Marseille, Toulouse, Nancy et bien autres grandes cités gardent leurs trésors. Ils se dévoilent à qui sait les voir.
Les aléas de la vie du XIX° siècle se déclinent en sculpture sous les traits de femmes plus ou moins belles. La femme, cette ève pêcheresse, devient allégorie des maux et des tabous que le siècle cherche à évincer au profit d'une société idéale et uniformisée.
La visite des églises est toujours un moment magique pour moi car je cherche en ces lieux la beauté des tableaux et des sculptures. J'aime par dessous tout aller dans le choeur et voir si les stalles (s'il y en a) sont superbements illustrées de monstres sortis de l'imagination des ébénistes ou alors sont plus classiques et renvoient à la méditation religieuse des chanoines.
Au fait, les stalles sont des sièges en bois réservés à une collégiale de chanoines. Elles sont disposées en une double rangée de sièges et sont surmontées soit d'un haut dossier soit d'un baldaquin. Les stalles se composent de sièges amovibles et rabattables sous lesquels il y a un dispositif, appelé miséricorde. Cette dernière servait à s'appuyer dessus lorsque le chanoine était debout. Chaque siège est séparé de celui d'à coté par des parecloses surmontées par des accoudoirs. Aux extrémités des stalles se trouvent les jouées qui forment des plaques décorées.
Les hauts dossiers sont souvent couverts de tapisseries épaisses ( Toulouse, Viviers). D'autres réalisés en bois sont pour la plupart sculptés. Dans certaines églises consacrée à un Saint, les bas reliefs des hauts dossier retracent la vie du Saint ( Eglise des dominicains à Saint Maximin). Dans d'autres, les sculptures en ronde bosse représentent des anges jouant de la musique (Eglise à Nancy) ou bien tenant les objets de la torture du Christ (Eglise des Chartreux à Toulouse).
Les stalles sont aussi sculptées avec beauté. Les jouées peuvent devenir des monstres comme les harpyes de Saint Sernin de Toulouse. Les miséricordes sont également illustrées de sujets farfelus, du plus saint (tête d'ange) au plus étonnant (des langues cuites sur des grilles). L'iconographie renvoie soit à des proverbes régionaux, soit au bestiaire médiéval, soit à l'ornement végétal (image du dessous). Les mésicordes peuvent être sculptées avec la même image mais parfois elles sont différentes les unes des autres. La première mention de miséricorde est attestée à partir du XI° siècle mais ce sont surtout des époques antérieures (XIII°-XIX° siècle) qu'il nous reste les plus beaux spécimens.
Les plus belles miséricordes médiévales que j'ai pu voir se situent dans la cathédrale Saint Seurin à Bordeaux. Elles sont toutes différentes et surtout elles illustrent les proverbes locaux. Les grandes cathédrales gothiques possèdent, elles- aussi, des stalles merveilleuses tout comme les églises baroques du XVII° et XVIII° siècle. Les stalles néo-gothiques sont assez fades à mon goût.